La Voie du Maître (de l'Absurde)

VM(A) n°1 (parchemins)
VM(A) n°2 (cabane)
VM(A) n°3 (les cimetières)
VM(A) n°4 (le tabac)
VM(A) n°5 (la sécurité routière)
VM(A) n°6 (la poste)
VM(A) n°7 (l'argent)

JJR et films dans la presse

Interviewes

Fini la cagoule, il porte le masque (lien, NG 26 juillet 09)
Jean-Jacques Rousseau se dévoile ... un peu
(lien NG 26 juillet 09)
Le Plan Marshall est une catastrophe
(lien NG 26 juillet 09)
Enovateur - Le Merveilleux Fou Filmant

Ecran Large - Le Ed Wood Belge
Rousseau : le feu à la maison, sans danger
Interview Arté réalisé dans le cadre du BIFFF, 4 avril 2008 (lien)
La filmothèque de JJR (lien)
J'ai lancé un défi à Spielberg !
Interview Cinergie (lien)
Abécédaire 2006
Rousseau, l'électron libre du cinéma (magazine sabam, page 8)
TéléBruxelles : entre réalisateur de l'absurde et gangster du cinéma (vidéo)
Conférence Kounen / Rousseau, 18 décembre 2007 (vidéo)
Présentation du livre à Paris (vidéo)
Reportage TéléSambre : Un Colonial chez les Celtes (vidéo)
Entretien avec JJR, par Fluctuat (lien)
Vidéo-interview JJR par Fluctuat (lien)

Portraits

LUFF - Présentation (lien)
Portrait de Jean-Jacques Rousseau
Trajectoire : JJR, fou, armé et en totale liberté ! (extrait) dossier complet sur Bruxelles
Extraits de "L'Encyclopédie des cinémas de Belgique"
Un franc-tireur, Jean-Jacques Rousseau (lien)
Kermesse Héroïque du cinéma belge
JJR le barbare du cinéma
Focus Vif L'Express - Close Up JJR du 17 oct 08 (lien)
Culture Club de Louis Danvers (podcast)
Revue culturelle TOUDI (lien)
Eric Naulleau et Jan Kounen rejoignent l'équipe du cinéaste de l'absurde (Marcel Leroy) (pdf)
JJR l'homme-canon (Nadine Monfils) (pdf)
Bas les Masques ! par Ursula von Trash sur Gonzaï (lien)
Portrait de JJR (Ardenne Mag)

Articles

Article Le Soir - Reflet Medicis
L'homme cosmique
Un Ed Wood wallon
Casemates : caméra baroque
Jean-Jacques Rousseau fait son cinéma
Le cinéaste de l'absurde, enfin sur grand écran !
Le rêve d'un cinéaste-né et d'un homme sandwich
Rousseau, l'électro-sensible
Des films de JJR à la une
JJR en vedette à la Posterie
Décembre aux Casemates : cinéma, littérature, théâtre
Reportage sur le cinéaste de l'absurde
Les rêveries du cinéaste solitaire
JJR aurait pu tourner Ben Hur
Quand des travailleurs font du cinéma amateur
La rétrospective de l'absurde
Rétrospective Jean-Jacques Rousseau
Silence, on tourne ! (lien)
Et pourtant, ils tournent (lien)
Mais qui est JJR ? (lien)
Un vrai fou à la cagoule
Focus Nouvel An Belge sur Cinéma Fantastique.be (lien)
Nouvel An Belge : Furor Absurdus sur Cinéma Fantastique.be (lien)
Article JJR dans La Nouvelle Gazette
Petit séjour à Charleroi (lien)

Autour de JJR

Jan Kounen parle de JJR (bonus du film 99 francs) (lien)
Frédérique Rousseau : à 22 ans, elle compose pour le cinéma
StarMag : L'esprit du cinéma belge (vidéo)
Tracks sur Arté (vidéo)
22 novembre 2008 : JJR à Angoulême (vidéo)
JJR mis à l'honneur, article sur CinémaFantastique.be (lien)
JJR parmi les cinéastes les plus barrés sur Fluctuat
Compte-rendu de la soirée au Festival Indépendant sur CinémaFantastique.be
Le Cascadeur Disparu (lien vidéo)

Actualités de JJR, cinéaste belge (Ardenne Mag)


L'Amputeur Wallon

L'Amputeur Wallon est parmi nous ! (NG)
Focus sur le "héros" (NG)
Silence, on tourne ! (NG)
Petit film peut devenir grand (NG)
Le pitch du film (NG)

Karminsky-Grad

Reportage Télésambre pour Karminsky-Grad (21 janvier 2010)
Article sur le tournage de KG par CinémaFantastique.net
Karminsky Grad ou quand le cinéaste Jean-Jacques Rousseau atomise Charleroi sur Ardenne Magazine. Article de Maria Ventura
Retrouvez ce même article sur www.cinemafantastique.net.
Un film catastrophe à Courcelles ! (NG du 29 mars 2010)
Sur le tournage de la dernière scène de Karminsky-Grad (CinémaFantastique.net)
Miss Ming intègre l'univers du cinéaste de l'absurde (Nouvelle Gazette)

 

Un Colonial chez les Celtes

Fini la cagoule, il porte le masque (lien, NG 26 juillet 09)
Jean-Jacques Rousseau se dévoile ... un peu
(lien NG 26 juillet 09)
Le Plan Marshall est une catastrophe
(lien NG 26 juillet 09)
Reportage TéléSambre : Un Colonial chez les Celtes (vidéo)

 

[livre] Jean-Jacques Rousseau, cinéaste de l'absurde

Article cinergie sur le livre (lien)
Texte de Noël Godin
(lien)
"Cinéastes à tout prix" dans Le Monde (lien)
de Méliès aux Frères Dardenne (lien)
interview de Sojcher UGC (lien)
Présentation du livre à Paris (vidéo)
Libre Belgique : Des Mots sur le Désir de Cinéma (2 janvier 2009)
Reportage : présentation du livre à Paris (6 novembre 2008)
Bref Magazine : Cinéma de l'absurde
Mathieu Lefevre : L'autre chose

Cinéastes à Tout Prix

Benzinemag - Cinéastes à Tout prix
Rencontrez les Spielberg wallons !
La triplette de Belgique
Rock&Folk, Cinéastes à tout prix
Objectifmag : le FFFB 2004 (lien)
Frédéric Sojcher commente cinéaste à tout prix (vidéo)
Cinéastes à Tout Prix sur Cinergie (lien)
Analyse complète sur KINOK
interview de Sojcher UGC
Le cinéma en francs-tireurs
Cinéastes à Tout Prix remporte le Prix du Meilleur DVD
Le Courrier : 3 belges pincent le cinéma sans rire
Article en espagnol
Actu24 : Cinéastes belges et enragés
Rencontres : Cinéastes à tout prix
Critique de CàTP sur Psychovision
Hymne à la nanarophilie

 

Rock Mendès

Objectif Mag - Rock Mendès (lien)
Objectif Mag - casting Rock Mendès (lien)
JJR filme Rock Mendès

 

Fuyons les Monstres

Objectif Mag - Fuyons les Monstres (lien)


L'Internement de Karyl Chessman

Quand Rousseau tourne ...


La Mécanique du Rasoir

Objectif Mag - La Mécanique du Rasoir (lien)


L'Invasion des Succubes

Objectif Mag - Invasion des Succubes (lien)

 

Furor Teutonicus

Furor Teutonicus : court-métrage pour exorciser
Le surréalisme de Rousseau
La colère des Teutons
Courte émeute rue de Gaulle
Furor Teutonicus sacralisé dans un dolmen !


Irkutz 88

Un ticket pour le Goulag
Le Ed Wood belge au Goulag
Le court métrage en long et en large
On a eu froid, c'est la faute à Rousseau
Présentation Irkutz 88
JJR s'enterre dans Irkutz 88 !
Irkutz 88 sur Psychovision (lien)

 

L'Histoire du Cinéma 16

L'Histoire du Cinéma 16 vingt ans après
La revue du Ciné Calibre 16
Courcelles, un samedi en Absurdie
Pleins feux sur JJR
Avant-première JJRousseau (lien)

 

Wallonie 2084

Les délires de Jean-Jacques Rousseau
Sortie nov 2007 Cinergie : Wallonie 2084 (lien)
Ouch ! sur Nanarland (lien zonebis)

 

Germaine Grandier

Germaine Grandier, un film à part
Présentation du film par JJR et la productrice (vidéo)

 

La Trilogie cauchemardesque du Docteur Loiseau

La médecine sous les projecteurs
Eric Naulleau et Jan Kounen rejoignent l'équipe du cinéaste de l'absurde (Marcel Leroy) (pdf)
JJR l'homme-canon (Nadine Monfils) (pdf)
Projection de trois films de JJR (lien)
Focus Nouvel An Belge sur Cinéma Fantastique.be
Avant-première JJRousseau (lien)
Making of du Dr Loiseau sur Arté (vidéo)

 

La Revanche du Sacristain Cannibale

3 jours de tournage, 250€ de budget
JJR réinvente Barbe Bleue

 

Furor Absurdüs (docu)

Eric Naulleau et Jan Kounen rejoignent l'équipe du cinéaste de l'absurde (Marcel Leroy) (pdf)
JJR l'homme-canon (Nadine Monfils) (pdf)
Focus - le Nouvel An Belge sur CinémaFantastique (lien)
Nouvel An Belge : Furor Absurdus sur Cinéma Fantastique.be (lien)

 

Les Compagnons de Justice

Avant-première JJRousseau (lien)


Article du soir au reflet medicis

De gauche à droite, Jean-Claude Botte, René Cuba, Jean-Jacques Rousseau, Frédéric Sojcher et Bertrand Tavernier - Photo Frédéric Remouchamps

Le cinéaste courcellois, vedette d'une conférence-happening. Bertrand Tavernier l'a présenté dans un cinéma du Quartier Latin. Témoignage...

A près Bruxelles, puis la sélection officielle au Festival de Cannes et la montée des marches - le tapis rouge sous les flashs - Jean-Jacques Rousseau, Max Naveaux et Jacques Hardy, les « Cinéastes à tout prix » de Frédéric Sojcher débarquent à Paris. Le film est à l'affiche du « Reflet Médicis », un cinéma du Quartier latin, pour plusieurs semaines. Chaque soir, un cinéaste assiste à la projection des aventures vécues du trio de Courcelles, Waterloo et Visé. La présence de Jean-Charles Tacchella, Bertrand Tavernier, Michael Lonsdale ou Claude Miller est un acte de soutien à ces poètes qui ne se prennent pas pour des vedettes, malgré un succès hors normes.

Les médias parisiens saluent la grandeur de ces Don Quichotte de la pellicule, cinéastes amateurs adorant raconter des histoires. Des gens profondément humains, avant tout. « Le Monde », « L'Express », « L'Humanité », « Les Cahiers du cinéma », Canal + » consacrent dossiers et reportages au trio de Wallons si bien compris par Sojcher le Bruxellois. Ce jeune cinéaste leur ressemble et fait passer le message d'artisans travaillant dans l'ombre, sans rien demander en échange, hormis le bonheur de s'exprimer. Dans ce climat, le samedi 5 mars 2005 marquera à jamais la mémoire de Jean-Jacques Rousseau. Devant des publics respectueux de son engagement, à la Sorbonne comme au « Reflet Médicis », le cinéaste de Courcelles, ancien ouvrier maçon, a commenté sa démarche, suscitant maintes questions.

A 17 heures, dans l'amphi de gestion de la Sorbonne, ce fut le premier temps fort de cette folle journée. L'amphithéâtre tapi dans le fond du labyrinthe de la grande université ressemble à un décor de théâtre, avec une fresque géante en toile de fond, des noms illustres peints sur le plafond et des sièges de bois répartis en arc de cercle. Plus de cent personnes étaient venues écouter Frédéric Sojcher et Ariel Weizman, de Canal +, présenter des extraits de films de Jean-Jacques Rousseau, qui a participé à maints festivals à Paris. En bottes d'équitation et gabardine mastic, masqué de la cagoule qui empêche son âme d'être volée, entouré de ses comédiens fidèles, René Cuba et Jean-Claude Bonte, le cinéaste s'est livré à une performance applaudie par un public sidéré. Deux heures durant, les gens ont exploré son univers parallèle, avec la lumière du jour qui déclinait dans une atmosphère à la Belphégor.

Rousseau a raconté sa vie à Courcelles, décrit Charleroi, sa passion du cinéma, la souffrance qui le pousse à réaliser des films enracinés dans l'angoisse de la mort. Surréalistes, ses images confinent à la poésie la plus noire. Elles sont imprégnées, sans que cela soit voulu, d'un humour dû à un manque absolu de moyens et à un coeur trop grand. Le cinéaste de l'absurde s'est livré : Je crois au cinéma, c'est l'air que je respire. Il a réalisé 35 films et attend avec impatience son « Rock Mendès », opus majeur qui sera produit par Flight Movie, le producteur parisien, qui avait signé le contrat à Cannes, à mi-corps dans les vagues, l'a confirmé.

Plus tard dans la soirée, au « Reflet Médicis », le metteur en scène Bertrand Tavernier a salué les « Cinéastes à tout prix ». A ses yeux, Jean-Jacques Rousseau est un Ed Wood européen. Il salue le travail de Sojcher, qui a tiré de l'ombre le trio Rousseau, Naveaux, Hardy. Un phénomène belge, semble-t-il. En France, de tels talents bruts n'ont pas encore été mis en lumière...

Ces personnages, vous n'êtes pas près de les oublier. Ce sont des cinéastes qui se sont battus pour tourner, ils sont marginaux et originaux. Frédéric Sojcher les a révélés sans dérision. C'est la première qualité du film, ce qui m'a touché. Le film parle du côté dingo de ces cinéastes avec chaleur.

Après la projection et les questions, Rousseau a avoué : Oui, je suis un fou de cinéma. Sans le cinéma, il perdrait l'équilibre dans ce monde trop rigide pour lui. Il a dit que les rires des spectateurs ne le mettaient plus en colère face à l'art qu'il crée : Je pense que ce n'est pas de la moquerie. Si les gens ont envie de rire, c'est bien .

Le public a demandé où voir ses films. Trouvez une salle, je viendrai les projeter !

MARCEL LEROY,

envoyé spécial à Paris - Le Soir du 07.03.2005, 06:00

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Le merveilleux fou filmant    Par   Michaël Melinard

Vous ne le connaissez sans doute pas. Pourtant, Jean-Jacques Rousseau fait des films depuis 40 ans. L'homonyme du philosophe franco-suisse est belge. C'est le héros cagoulé de Cinéastes à tout prix , le documentaire de Frédéric Sojcher.

L'entretien se déroule dans la cuisine du bureau de presse en charge du film. Jean-Jacques Rousseau n'a pas enfilé son passe-montagne. René, l'un des ses acteurs fétiches est présent. L'entretien n'a pas encore véritablement commencé mais le cinéaste semble impatient d'attaquer.


Jean-Jacques Rousseau : Vous ne faites pas de photo ?
E-novateur : Non. J'écris seulement.
Jean-Jacques Rousseau : Tout est dans le verbe, dans l'écriture. Vous voulez un bonbon, c'est de la pâte de réglisse ( il tend son paquet ). C'est bon pour l'estomac. C'est de la réglisse de Montpellier. J'ai toujours de l'acidité à l'estomac. Je bois trop de café. Je ne suis pas alcoolique, je suis non fumeur. Je n'ai pas de maîtresse, pas de GSM, pas de télé, pas de radio mais je fais du cinéma. Quarante ans que je me drogue avec de l'acétate de cellulose, que je respire cette odeur qui me manque. Parce qu'on a dû faire halte au cinéma. On tourne maintenant en mini DV pour des questions de budget uniquement. Je préférais nettement la pellicule au point de vue de la qualité de l'image, de la netteté. En plus, c'est magique.

René sort sa caméra. Jean-Jacques Rousseau lui fait signe d'attendre.
Jean-Jacques Rousseau : René va filmer, il faut que je prenne mes précautions.
Il enfile un passe-montagne.
Jean-Jacques Rousseau : Attends René, avec les mains on pourrait me reconnaître. Il y a des gens qui ont été reconnus par la police à cause de leurs mains.
Il enfile des gants.

E-novateur : Mais il y a la moustache qui dépasse. Ce n'est pas grave ?
Jean-Jacques Rousseau : Non parce que je vais la couper juste après l'interview.

E-novateur : Quel effet cela vous fait-il d'être l'un des héros d'un film ?
Jean-Jacques Rousseau : J'ai toujours rêvé d'être un héros. Quand j'étais gosse, je n'étais pas très bien vu dans mon quartier parce que j'étais un marginal. J'inventais des choses bizarres comme des télescopes en zinc que je fabriquais avec des gouttières où je mettais des verres de lunettes pour voir la lune. Je montais sur le toit de ma maison à huit ans. Je tenais un pic sous l'orage (il lève les bras) et j'attendais que Thor, le dieu de la foudre me foudroie. Mais je savais qu'il ne me foudroierait pas parce que j'avais une mission à accomplir sur cette terre, c'était de faire des films. J'ai donc pris des risques. J'ai même fabriqué un avion à 17, 18 ans pour essayer de traverser la Manche pour faire la même épreuve que Blériot en 1902 mais avec des moyens limités. J'ai toujours voulu affronter mon destin.

E-novateur : Il a volé ?
Jean-Jacques Rousseau : Il a fait quelques soubresauts. Mais pour des questions de budget - c'est toujours le budget qui m'a tué- les ailes se sont déchirées parce que c'était du papier à tapisserie. Le moteur était celui d'une Harley. J'avais fabriqué mon hélice. Mon avion avait un problème de stabilité.

E-novateur : De votre vie ou du cinéma, lequel nourrit l'autre ?
Jean-Jacques Rousseau : Je me nourris du cinéma mais je ne vis pas du cinéma. Je n'en ai jamais vécu. Mes films ont été diffusés partout mais je n'en vis pas. Mais j'ai besoin du cinéma pour vivre.

E-novateur : N'est ce pas un peu frustrant ?
Jean-Jacques Rousseau : Pendant des années, j'ai ramé. Mon film le plus cher, c'est le diabolique Dr. Flak. Il fait 120 minutes et il m'a coûté 2500 euros. Avec 2500 euros, Spielberg n'a même pas les moyens de se payer le téléphone pour le mois. Si j'avais les moyens de Spielberg, j'aurais sans doute fait mieux que lui mais s'il avait mes moyens, il n'aurait pas fait de cinéma. Il se serait reconverti comme chasseur de papillon à Hollywood.

E-novateur : Etes-vous un cinéaste de la marge ?
Jean-Jacques Rousseau : Je ne sais pas si je suis un marginal. Je suis un type d'avant-garde. Je suis un incompris. On commence à comprendre les films que j'ai fait dans les années 70. Les films que je fais maintenant, on les comprendra dans vingt ans. J'ai failli tout arrêter en 95 mais j'ai reçu un coup de téléphone de Noël Godin (« l'entarteur »). On s'est rencontrés. Il m'a dit que j'étais un type unique. « Peu importe les maladresses, il y a une liberté totale dans tes films ».

E-novateur : C'est votre cinéma ou le cinéma qui fait rêver ?
Jean-Jacques Rousseau : C'est mon cinéma. Je pense que j'ai un cinéma totalement différent des autres. D'ailleurs, je vais rarement voir les films des autres. J'ai trop peur de me laisser influencer. Mais j'admire Stanley Kubrick. C'est un marginal. En France, il y a eu Abel Gance.

E-novateur : Comment vous positionnez vous par rapport au cinéma plus conventionnel ?
Jean-Jacques Rousseau : Je suis déçu de ne pas avoir accès aux salles. Je ne veux pas renverser le cinéma commercial conventionnel, je veux faire un autre cinéma. J'ai envie de montrer au public qu'on peut faire autre chose que les films truffés d'effets spéciaux comme Spiderman, Batman ou les Deux Tours de Peter Jackson. C'est un cinéma peut être plus artisanal, atypique. On a du mal à le définir mais les gens ont envie de le voir. Une fois qu'on a vu un Jean-Jacques Rousseau, on a envie d'en voir un autre.


www.e-novateur.org/detail_article.php?VARid=1037

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Le Ed Wood belge

Interview : Le Ed Wood belge

Le cinéaste belge Jean-Jacques Rousseau n'est pas encore connu en France mais pourrait bien le devenir l'année prochaine quand Benoît Poelvoorde lui donnera ses traits à l'écran dans le prochain film du réalisateur de Podium , Yann Moix. On comprend aisément ce qui peut amuser la star tant Jean-Jacques Rousseau est un personnage hors du commun à la philosophie farfelue et absurde.


Cinéastes à tout prix vous permettra d'en savoir plus sur cet artiste qui apparaît tout le temps cagoulé devant les journalistes pour éviter de les laisser lui voler son âme, mais en complément, voici le compte-rendu d'un entretien forcément décalé et d'une séance photo qui ne l'était pas moins, où Jean-Jacques a pris un réel plaisir à détruire, en compagnie de René Cuba - un de ses acteurs fétiches - une cassette vidéo imaginant qu'il y avait un film de Spielberg dedans. « Les films sont trop longs, il faut les couper ! » hurlait-il. Pas si farfelu que ça en fait !

Combien de films avez-vous réalisé ?
Trente-cinq de diverses durées. Wallonie 2084 et La revanche du sacristain cannibale sont disponibles en DVD. Furor Teutonicus doit l'être aussi, on peut le trouver chez Duran Dubois à Levallois-Perret, 22 rue Paul Vaillant-Couturier. Hélas, mes autres films sont interdits à la distribution pour des questions de droits musicaux. Je n'imaginais pas qu'ils pourraient être diffusés un jour et j'utilisais des disques sans en avoir l'autorisation. Un mécène peut toujours se proposer pour resynchroniser les films de manière correcte. Ma fille, Frédérique Rousseau, réécrirait alors la musique de chaque œuvre. Je lance un appel à un producteur. Ce n'est pas sans risques, mais il reste des producteurs à risques. Et je préfère avoir à faire avec un jeune comme vous plutôt qu'à un gros de 75 ans, engraissé par le fric et fumant le cigare comme Jack Warner ou Zanuck.

Pensez-vous aujourd'hui avoir quitté le cinéma amateur ?
Non car je ne vis toujours pas de l'Art cinématographique, je travaille dans un centre culturel. J'ai beaucoup plus de contacts maintenant avec des professionnels et pourtant mon statut reste le même. L'étape charnière a été Furor Teutonicus , produit par Canal + mais je n'ai pas franchi le cap. Si je devais être pro, je serais obligé de changer ma manière de travailler, or c'est ce qui fait mon originalité. Il faudrait que je rencontre un producteur qui ne soit pas irascible ou acariâtre et qu'il ne veuille pas s'enrichir sur mon dos. Quand on est producteur de Jean-Jacques Rousseau, il faut se conformer à sa règle cinématographique et non l'inverse.

Vous vous autofinancez ?
Oui, mis à part Furor Teutonicus dont je ne connais même pas le budget. Les miens commencent à partir de 250 euros. Je gagne moins de 1 000 euros par mois donc j'ai dû abandonner le 16mm qui me coûtait trop cher. La maison de production Flight Movie est actuellement à la recherche d'un financement pour mon premier film en 35mm, Rock Mendès . Nous avons signé un contrat à Cannes, dans la Méditerranée, où j'avais demandé aux producteurs Etienne Chambolle et Frédéric Sojcher de sauter dans l'eau avec moi tout habillés. Encore une fois, le budget servira au film avant tout. S'il y a une petite retombée financière pour moi, je ne dirai pas non car je rame depuis 40 ans. J'ai parfois vécu dans des conditions lamentables, au péril de mon budget familial, il nous est arrivé de manger de la vache enragée.

La présentation hors-compétition à Cannes de Cinéastes à tout prix n'est pas passée inaperçue, avec notamment Noël Godin, l'entarteur qui a dû être évacué par le service d'ordre parce qu'il avait baissé son pantalon ?
Oui, c'était assez spécial…J'ai été assez agressif à Cannes envers le cinéma américain. Il nous englobe, nous empêche de respirer. Depuis le plan Marshall, nous n'avons pas le droit de nous exprimer librement, surtout en Belgique où les films sont cloîtrés dans des régions. Les producteurs anglo-américains méprisent notre marché européen et nous empêchent d'être distribués dans le monde alors que nous avons produit plus de films qu'eux ! On peut se passer des américains, c'est certain. Je comprends qu'ils ont débarqué en Normandie en 1944 et qu'ils nous ont libéré du nazisme mais ils avaient leurs raisons, ils ne l'ont pas fait par simple amitié pour la France. Leur but est d'avoir la mainmise un peu partout.

Votre vous êtes attaqué à Goliath avec cette fameuse déclaration : « Si j'avais eu les moyens de Spielberg, j'aurais fait mieux. S'il avait eu mes moyens, jamais il n'aurait fait du cinéma ».
Pensez-vous qu'avec 250 euros, Spielberg serait capable de faire un film de 50 minutes ? Il n'aurait même pas assez pour remplir le réservoir de sa jeep ! Cela dit, il a de bonnes idées parfois, mais si j'avais eu ses moyens, j'aurais offert un emploi à la moitié de la Belgique, j'aurais tourné des péplums avec 25 000 figurants réels. J'aurais fait La guerre des Gaules d'après les textes de Tacite ou La bataille des Éperons d'or avec des bourguignons et des flamands. J'aurais supprimé le chômage en Belgique, tous les chômeurs auraient tourné dans mon film. J'aurais sauvé mon pays, peut-être même la France.

Quel est votre réalisateur français préféré ?
Jean-Pierre Mocky. Il n'est pas contre l'idée de travailler avec des amateurs, il a sûrement trouvé des gueules dans des bistrots. J'aime le cinéma artisanal. On me compare souvent à Edward Wood, le cinéaste le plus kitch des années 50.

Vous appréciez cette comparaison ?
Oui. Mais j'aime aussi Stanley Kubrick, mon maître à penser. Il a fortement influencé mon cinéma. Les sentiers de la gloire avait été interdit en France ! Puis Kubrick a été réhabilité en France. En général, les surréalistes sont parfois sanctionnés. D'autres ont même été exécutés dans des pays moins démocratiques que le vôtre. J'aime bien l'humour de Mel Brooks. Parmi les comédiens, j'aime... Comment s'appelle-t-elle déjà dans Misery ?


Kathy Bates.
Oui. C'est une petite rondelette mais elle joue vraiment bien. Chez les françaises, j'aime Balasko.

On reste dans le même gabarit, vous êtes plutôt attiré par les rondelettes ?
Oui, je les aime bien. Peut-être que ça vient de ma mère qui l'était. Ma mère a été la première à m'emmener dans un cinéma quand j'avais 5 ou 6 ans. Elle regardait beaucoup de films produits par la Hammer et j'ai gardé ce principe qui était de faire jouer au même acteur le même type de rôle. René ici présent est le redresseur de torts dans tous mes films, il défend les opprimés. Frans Badot, un autre de mes comédiens est plus ambigüe. Il fait bien le mal et mal le bien.

Benoît Poelvoorde vous consulte-t-il dans la préparation de son personnage qui n'est autre que vous ?
Nous avons pris un verre au Festival de Cannes. J'aime Benoît car il est dans mon genre. Il a besoin d'un film où il va se défoncer dans une totale liberté et il le fera avec Yann Moix que j'ai vu régulièrement.

Vous participez au scénario ?
Non. Noël Godin sera mon public relation (dit en anglais, NDLR). Il jouera dans le film et j'ai dit que je ne ferai rien sans lui. C'est un homme que j'apprécie beaucoup, un grand ami. Quand j'entends du mal de lui, je me dis : « Bien à tort. Bien à tort...» Quand Yann aura fini le scénario, Noël me préviendra et nous nous verrons à Bruxelles ou Paris, dans un café, ou une forêt. Je vais vous dire pourquoi je préfère une forêt. Dans un café, les gens écoutent tout ce qui s'y raconte. Ce sont des indicateurs pour la police. Si le patron ne renseigne plus les flics, on lui ferme, son café ! Allons plutôt à Fontainebleau, près d'un dolmen et nous discuterons posément. Seuls les animaux nous entendront.



Couper n'était qu'un piètre châtiment ...

Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos de Côme Bardon.

Rédigé le 25/02/2005 par Didier Verdurand .

www.ecranlarge.com/interview-98.php

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Cinéastes à tout prix de Frédéric Sojcher

       "Cinéastes à tout prix", c'est d'abord un cri, celui de Jean Jacques Rousseau (comme l'autre, mais “sans tiret”), ancien ouvrier-maçon et cinéaste amateur, qui réinterprète "L'Internationale" version septième art. Le documentaire de Frédéric Sojcher rend en effet hommage à trois Belges qui ont fait du cinéma (extrêmement) indépendant le moyen d'expression de leur passion commune. En fait, on devrait plutôt parler de "professionnels de l'amateurisme", tant cet encagoulé furieux et ses deux compères, Max Naveaux et Jack Hardy , savent se départir des minuscules moyens à leur disposition. Et leur filmographie est bien fournie : un court et trois longs métrages pour Naveaux , dix longs pour Hardy et Rousseau a déjà tourné la bagatelle de trente-six films, dont trois longs métrages.

       Cette triplette de vénérables anciens (à 57 ans, Rousseau est le plus jeune, quand Naveaux taquine lui les huit décennies) font le cinéma qu'ils veulent, en Super 8 ou Super 16. Jack Hardy s'est spécialisé dans la réinterprétation-parodie de valeurs sûres. Ainsi, son César Barbarius contre les Bassis-Mosans (tribu de la Basse-Meuse) fait appel au patrimoine d' Asterix . Max Naveaux donne lui dans le film de guerre, notamment grâce à l'aide providentielle de différents musées militaires. Double avantage pour ses longs métrages : le réalisateur s'équipe généreusement et à peu de frais ; le gain en crédibilité est énorme puisque ce sont de vrais armes et des projectiles authentiques (pas de balle à blanc dans Maquis contre Gestapo , mais pas de blessé non plus). Quant à Jean Jacques Rousseau , il est plus polyvalent, donnant à la fois dans les genre d'épouvante, épique ou encore policier, et va jusqu'à soigneusement enterrer son Furor Teutonicus pour les générations futures, “les extraterrestres et les insectes”.

       Bien que ce dernier soit le plus militant des trois cinéastes amateurs choisis, ce n'est pas par allusion aux terroristes qu'il est sans cesse coiffé d'une cagoule noire. "C'est par référence à la croyance indienne qui veut que la caméra ou l'appareil photo capturent votre âme." On le verra donc toujours masqué, excepté pendant la séance de casting de son prochain film, en plein marché, filmé de dos, et où il demande aux badauds à potentiel de jouer quelques lignes. Et quand on lui demande pourquoi il se sert d'un revolver sur le plateau, il répond : “Je tourne un film de gangsters, je dois donc être armé. Et ça met les acteurs en condition”.

       Un tel cinéma de la débrouille ne peut qu'être parcouru de riches anecdotes. Max Naveaux a fait jouer à l'identique à un de ses amis une scène que celui-ci a réellement vécu : l'arrestation par la Gestapo. Jack Hardy demande à une connaissance, accessoirement député, d'interpréter un sénateur romain (“Finalement, ça n'a pas tellement changé”, dira-t-il).

       Frédéric Sojcher fait rapidement intervenir un trio inévitable, Noël Gaudin, Benoît Poelvoorde et Bouli Lanners, qui ne peuvent que s'incliner devant le talent de leurs prédécesseurs et camarades. Mêlés à la plongée dans l'intimité des trois cinéastes, les nombreux extraits de films qui enrichissent le documentaire permettent de saisir leur démarche, qui est d'abord bien sûr de se faire plaisir. Cinéastes à tout prix a au bout du compte une vertu rafraîchissante de simplicité : le cinéma que l'on aime est à la portée de presque tous, il suffit de le faire soi-même.

Sébastien Raffaelli

http://www.benzinemag.net/cinema/cineastes.htm